Avocat fonction publique hospitalière et délais

Avocat agent de la fonction publique hospitalière : quels délais pour contester une décision de l'administration à Marseille et à Aubagne ?

Agent de la fonction publique hospitalière : quels délais pour contester une décision de l'administration à Marseille et à Aubagne ?

En tant qu'Agent public au sein de la Fonction publique hospitalière, vous êtes soumis à un statut rigoureux. Si ce statut vous protège, il impose aussi des règles de procédure strictes. Il arrive fréquemment que l'administration commette des erreurs : sanctions injustifiées, refus de mutation, ou erreurs de notation.

Face à ces situations, le temps est votre ennemi. En ma qualité d'avocat exerçant à Marseille et à Aubagne, je vois trop souvent des dossiers fondés juridiquement être rejetés simplement parce que les délais sont dépassés. La mécanique du temps contentieux est complexe, surtout pour les agents qui ne bénéficient pas des mêmes protections que les simples usagers.


Voici les règles essentielles pour préserver vos droits devant le Tribunal Administratif.


La règle des deux mois : le principe à retenir

Si vous souhaitez attaquer une décision qui vous est défavorable (recours pour excès de pouvoir), vous ne pouvez pas attendre. Le Code de justice administrative (CJA) impose une fenêtre d'action très courte.

L'article R. 421-1 du Code de justice administrative dispose exactement que :


« La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. »


Ce délai de deux mois est un "délai franc". Cela signifie, pour simplifier, que le jour de la réception du courrier ne compte pas, et le jour de l'échéance non plus. Vous avez deux mois entiers.


De plus, l'article R. 421-7 du CJA offre une souplesse : si le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant. C'est une vérification que je fais systématiquement pour les dossiers de mes clients à Marseille ou Aubagne.


L'obligation d'information : quand le délai s'enclenche-t-il ?

Pour que le compte à rebours de deux mois commence lors d'une décision expresse (écrite), l'administration doit respecter une obligation de transparence.

L'article R. 421-5 du Code de justice administrative prévoit que :


« Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. »

Concrètement, si vous recevez un courrier qui ne mentionne pas que vous pouvez saisir le Tribunal Administratif dans un délai de deux mois, alors ce délai légal ne court pas de manière classique. Cependant, la jurisprudence a posé une limite à cette tolérance.


La jurisprudence "Czabaj" et le délai raisonnable 

Le Conseil d'État, dans une décision d'Assemblée du 13 juillet 2016 (jurisprudence Czabaj), a mis fin à la possibilité de contester indéfiniment une décision mal notifiée. Le juge administratif considère désormais que, même en l'absence de mention des voies et délais de recours, un "délai raisonnable" s'applique pour contester une décision dont vous avez eu connaissance. Ce délai a été fixé, en principe, à un an sauf circonstances particulières.


Attention : un simple courrier peut faire courir des délais

Avant d'aborder la question du silence de l'administration, je dois attirer votre attention sur la nature de vos courriers. Beaucoup d'agents pensent échanger de manière informelle avec leur direction, mais juridiquement, tout courrier sollicitant une prise de position de l'administration est considéré comme une "demande".

Par exemple, une lettre demandant de reconnaître l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident de service n'est pas anodine. Dès que l'administration reçoit ce courrier, le mécanisme des délais s'active. C'est le point de départ du délai de deux mois à l'issue duquel naîtra une décision implicite de rejet si l'administration ne répond pas. Il est donc crucial, avant d’envoyer un courrier de consulter un avocat compétent en droit de la fonction publique et de conserver la preuve de la date de réception de cette demande.


Le piège des décisions implicites de rejet pour l'Agent public

Il existe une différence fondamentale entre un usager classique et un Agent public. Contrairement au public, les agents de la Fonction publique ne bénéficient pas des règles protectrices du Code des relations entre le public et l'administration (CRPA).

Pour un citoyen lambda, si l'administration ne répond pas à une demande et n'a pas envoyé d'accusé de réception mentionnant les délais et voies de recours, le délai de recours ne court pas. 


Mais pour vous, Agent public, c'est différent.


Si vous faites une demande et que l'administration garde le silence pendant deux mois, une "décision implicite de rejet" est née. 


L'absence d'accusé de réception ne vous octroie pas le bénéfice du délai raisonnable d’un an. 


Le délai de recours de deux mois s'enclenche immédiatement à l'issue de la période de silence.


Concrètement :


  • Vous envoyez une demande de reconnaissance d'imputabilité au service le 1er janvier.
  • L'administration ne répond pas. Le 1er mars, une décision implicite de rejet est née du silence.
  • Vous avez alors jusqu'au 2 mai pour saisir le tribunal. Passé cette date, votre action sera irrecevable, même si l'administration ne vous a jamais écrit.


Les exceptions qui permettent encore d'agir

Si la décision n’a jamais été publiée ou notifiée, elle vous est inopposable. Attention toutefois à ne pas évoquer cette décision dans un courrier ou un email : vous pourriez démontrer avoir eu connaissance de cette décision à la date de cette correspondance.


En résumé, le droit de la Fonction publique est un terrain miné par les exceptions procédurales. 


Si vous exercez à Aubagne ou Marseille et faites face au silence ou à une décision de votre hiérarchie, ne restez pas dans l'incertitude : l'analyse rapide des délais par un professionnel est la seule garantie de ne pas voir vos droits s'éteindre.

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